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Pourquoi voir un match à la Bombonera devrait être remboursé par la Sécu

  • Photo du rédacteur: Simon Arnaudet
    Simon Arnaudet
  • 20 juil.
  • 4 min de lecture

Voir un match à la Bombonera, c’est l’un de ces fantasmes de footballeur romantique qui naissent dans une chambre d’ado entre deux posters de Maradona et Riquelme. Après avoir vibré au Marakana de l’Etoile Rouge de Belgrade et frissonné au Toúmba du PAOK, il était temps d’affronter le monstre sacré : la Bombonera, temple du football argentin, théâtre de passion pure. Boca Juniors – Unión Santa Fe : le match n’avait rien d’un classique. Mais parfois, le cadre suffit à faire trembler la plume.


Voir un match à la Bombonera

🧳 Un long chemin pour assister au match Boca Juniors – Unión Santa Fe

Je me réveille à Foz do Iguaçu, à plus de 1 300 kilomètres de la Bombonera. Le chemin s’annonce donc long avant d’entendre la clameur des Xeneizes, les supporters de Boca Juniors. Départ à 8h15 avec un premier bus. À 9h00, passage de la frontière entre le Brésil et l’Argentine. À 10h10, un second bus me dépose à l’aéroport de Puerto Iguazú. Décollage prévu à 12h45 pour une arrivée à Buenos Aires quelques heures plus tard. Aucun retard. Je serai à l’heure pour le coup d’envoi. Pas question de rater une minute du rituel.


🏟️ La Bombonera : un stade mythique, une légende vivante

L’Estadio Alberto J. Armando, plus connu sous le nom de la Bombonera, est l’un des stades les plus mythiques au monde. Si ce n’est LE stade le plus mythique. Les légendes Maradona, Riquelme, Palermo, Gatti ou encore Tévez ont foulé avec magie sa pelouse. Inaugurée en 1940, la Bombonera ne ressemble à rien d’autre. Coincée entre les ruelles étroites de La Boca, ce quartier ouvrier où la peinture déborde sur les trottoirs, elle s’élève comme un totem de béton. Une tribune droite comme un immeuble, trois étages superposés sans pudeur, et cette impression unique que le stade penche vers la pelouse, comme attiré par le ballon (ou le talent…). On dit souvent qu’il tremble quand Boca marque. Ce n’est pas une image. Les sismographes de Buenos Aires l’ont mesuré. Ici, plus de 54 000 supporters peuvent faire vibrer la ville. Et faire flancher les jambes des adversaires.



🎆 Avant-match : retour d’un enfant du club

Il est 19h30, il fait 12 degrés, mais les Xeneizes célèbrent le retour d’un enfant du club, Leandro Paredes, avec une chaleur incandescente. Après de longs mois de difficultés, Boca espère que cette recrue symbolique amorcera un renouveau, tant sur la scène nationale qu’internationale. Premier match de la saison à domicile, retour d’un cadre formé au club : tous les ingrédients sont réunis pour une soirée marquante.


⏱️ Première mi-temps : domination stérile de Boca Juniors

Dès les premières minutes, les joueurs de Boca affichent une motivation débordante. Pressing haut, intensité dans chaque duel, volonté manifeste de faire oublier le match nul inaugural – et cette performance oubliable contre Auckland en Coupe du Monde des clubs. Pourtant, la maladresse technique est criante : contrôles trop longs, frappes écrasées, passes imprécises. L’équipe est jeune, notamment dans l’axe central (23 ans de moyenne d’âge), et cela se ressent. Boca domine mais se fait surprendre dans le dos à plusieurs reprises. Heureusement, Lautaro Di Lollo – physique de déménageur breton – veille et sauve les meubles en dernier recours. Les joueurs de Boca perdent les duels, les seconds ballons, et peinent à construire depuis la défense, comme semble le vouloir leur entraîneur. La meilleure occasion arrive juste avant la pause : un centre venu de la gauche, une reprise dans le petit filet extérieur. Suffisant pour faire rugir la Bombonera… mais pas pour faire trembler les filets.


Voir un match à la Bombonera

⚽ Deuxième mi-temps : réaction sous tension

Pas de changements au retour des vestiaires. On reprend les mêmes et on recommence… dans la même veine. Santa Fe laisse le ballon à Boca et attend son heure. Dans les tribunes, l’ambiance monte encore d’un cran. Les encouragements sont nourris, mais les critiques fusent aussi. À la 61e minute, Boca croit tenir le tournant du match : l’avant-centre file au but, stoppé net par un tacle que tout le stade juge digne d’un rouge. L’arbitre, lui, reste de marbre. Pas de faute. Rien. Deux minutes plus tard, l’Union Santa Fe pense allumer la clim : superbe centre de Fragapane, marquage inexistant, reprise acrobatique de Tarragona. 0-1. Mais la Bombonera ne connait pas le froid. Au contraire, elle s’enflamme. Entrée simultanée d’Edinson Cavani et Leandro Paredes à la 66e minute. Le match devient une attaque-défense dans les 30 mètres adverses. À la 85e, Boca obtient un corner. Paredes s’en charge. Son centre trouve Di Lollo, qui claque une tête rageuse pour égaliser. La Bombonera explose. Boca pousse encore, mais le score n’évoluera plus. Un nul frustrant, mais peut-être un début de quelque chose.


🧍‍♂️ Homme du match : le douzième homme

Difficile de désigner un homme du match dans un tel scénario. On pourrait saluer l’entrée de Paredes et son offrande décisive. Ou la performance solide de Di Lollo, héros défensif et buteur de l’espoir. Mais ce soir, c’est le public qu’il faut mettre à l’honneur. Fidèle, bruyant, intransigeant. Dans un contexte de guerre ouverte avec la direction, les supporters ont soutenu leur équipe de la première à la dernière minute. Eux méritaient une victoire. Ils méritent tous les titres du monde.

Voir un match à la Bombonera

💙💛 Voir un match à la Bombonera : une ordonnance bleu et or

Depuis tout petit, comme beaucoup de fans de foot, je rêvais de voir un match à la Bombonera. De voir Boca Juniors de mes propres yeux. C’est désormais chose faite. Et quelle expérience ! Il ne fait aucun doute : la Bombonera est le plus beau stade que j’ai eu la chance de visiter. Et les supporters de Boca n’ont rien volé à leur réputation. Un public incandescent, un stade qui vit, qui tremble, qui chante. Ce soir, le football argentin m’a rappelé pourquoi on aime tant ce sport. Et franchement, après 90 minutes de frissons, de chants, de communion… si ça, c’est pas de la thérapie de groupe à ciel ouvert, je sais pas ce qu’il faut pour mériter un remboursement Sécu !


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