ASSE - Grenoble : résumé et temps forts du match à Geoffroy-Guichard
- Simon Arnaudet
- 20 sept.
- 6 min de lecture
Le week-end avait commencé tranquillement au Puy-en-Velay, presque en douceur, et devait s’achever en apothéose à Lyon. Mais entre les deux, impossible de faire l’impasse sur Sainté. Parce qu’un week-end foot dans la région, sans un détour par Geoffroy-Guichard, n’aurait tout simplement pas le même goût. Alors samedi soir, cap sur le Chaudron pour un ASSE - Grenoble qui sentait bon la Ligue 2 et les fumigènes. Devant le stade, on prend le temps de s’installer dans l’ambiance : l’odeur des merguez, la mousse des bières, les rires des copains. Dedans, place à l’émotion : un hommage vibrant à Richard Tylinski, ancien mineur devenu figure mythique des Verts, un tifo qui aurait eu sa place en Ligue des champions, et cette impression que les deux kops ne s’arrêtent jamais de chanter. Tu avais raison, Cyril Klosek, il ne fallait pas rater ça !

🟢⚪ L’ASSE, entre héritage et devoir de montée
L’ASSE, c’est l’histoire que tout le monde connaît : le deuxième club le plus titré de France, les Verts, la gloire des années 70, les mines, les poteaux carrés. Mais aujourd’hui, la réalité est bien moins glamour. Redescendue en Ligue 2, l’équipe n’a plus droit au derby contre Lyon cette saison. À la place, c’est Grenoble qui endosse le rôle de rival pour un derby régional version deuxième division. Moins bling-bling, mais tout aussi électrique quand on voit la ferveur des tribunes. Côté Saint-Étienne, l’ambition est limpide : retrouver la Ligue 1 au plus vite, et si possible en décrochant le titre de champion de L2. Le club a conservé une base solide, s’appuie sur ses jeunes et sur la puissance de son public pour tenir dans ce marathon de 34 journées. Ici, il n’est pas question de jouer le maintien ni d’assurer un ventre mou : la montée est une obligation, presque un devoir.
🔵⚪ Le GF38, la régularité en outsider
En face, Grenoble joue dans une autre cour, mais avec des intentions claires. Le GF38 n’a pas le palmarès de Sainté, mais il progresse avec une vraie régularité en Ligue 2, cherchant à s’installer durablement dans le haut de tableau. Pas d’euphorie démesurée, pas de grands noms clinquants, mais une équipe solide, rugueuse, capable de jouer les trouble-fêtes et de gâcher les soirées des prétendants à la montée.
🏟️ Geoffroy-Guichard, le Chaudron en fusion
Bienvenue à Geoffroy-Guichard, le genre d’endroit où même les murs semblent vibrer au rythme des chants des supporters. Depuis 1931, ce stade a vu défiler les exploits comme les galères de l’ASSE, accueillant jusqu’à 42 000 passionnés capables de transformer n’importe quelle mi-temps en moment épique. Ici, les fans ne se contentent pas de regarder : ils hurlent, inventent des refrains, se lèvent, s’agenouillent (parfois), tout pour nourrir ce spectacle unique. Chaque corner devient un suspense digne d’un film d’action, chaque but une célébration comme si la planète entière venait de marquer. Geoffroy-Guichard, c’est l’âme de Saint-Étienne qui résonne, un défouloir collectif où l’on vient autant pour le football que pour la frénésie qui l’accompagne.

⚡ Première mi-temps : Sainté en mode rouleau compresseur
Dès le premier ballon, on comprend qui est le patron technique : Tardieu, le milieu de terrain de Saint-Étienne. À la 5e minute, Mickaël Nadé prend déjà un carton jaune pour une faute évitable. Dommage pour un défenseur central de se mettre une épée de Damoclès sur la tête pendant 85 minutes. L’ASSE a la possession, la maîtrise technique : c’est une véritable attaque-défense. Devant, les attaquants multiplient les appels, décrochent pour proposer des solutions et créent du jeu. Les Verts savent aussi aller très vite en transition. Une équipe qui semble capable de maîtriser tous les styles de jeu, et qui affiche déjà le profil d’un candidat crédible à la montée, voire au titre. Au milieu, un joueur attire l’œil : Jaber, un véritable nettoyeur, un déménageur. Si vous avez besoin d’un coup de main pour vos travaux à la maison, c’est lui qu’il faut appeler. Chaque corner est fêté comme un but, avec une ovation qui fait trembler les tribunes. Entre les deux kops, difficile de savoir où donner de la tête : l’ambiance est folle. Sur le terrain, Grenoble est étouffé et finit par céder à l’anti-jeu, allant jusqu’à balancer d’autres ballons sur le terrain pour couper les offensives stéphanoises. Un match à sens unique. Pourtant, à la 32e, une incompréhension dans la défense verte offre un corner au GF38. On se rappelle alors que l’arrière-garde de Sainté reste fragile depuis le début de saison. Les Verts marquent beaucoup, mais encaissent aussi. Cela pourrait-il leur jouer un mauvais tour aujourd’hui ? À surveiller. Finalement, à la 37e minute, sur un coup de pied arrêté, Nadé resté aux avant-postes hérite du ballon. Après un cafouillage, il finit par marquer. Le verrou a sauté. On peut alors imaginer que la seconde mi-temps offrira plus d’espaces à Saint-Étienne, puisque Grenoble devra attaquer pour espérer égaliser.
⏸️ Mi-temps : les tribunes veulent aussi leur mot à dire
Au repos, l’actualité stéphanoise ne se limite pas au rectangle vert. Depuis quelques semaines, une idée prend forme : et si les supporters entraient eux aussi dans le capital du club ? L’association Socios Verts tente de lever 150 000 euros pour acheter une petite part des actions, un symbole plus qu’un changement de pouvoir. L’enjeu est simple : donner une voix aux tribunes dans une maison où tout se décide trop souvent à huis clos. Ce n’est pas encore la révolution, mais c’est une brèche. Une façon pour les amoureux du Chaudron de rappeler qu’ils ne sont pas seulement des spectateurs bruyants, mais aussi des acteurs de l’avenir du club. Dans un football français souvent verrouillé par les investisseurs privés et les logiques financières, voir des supporters investir concrètement dans “leur” équipe a quelque chose de rafraîchissant. Peut-être minuscule à l’échelle des grands équilibres, mais énorme pour le symbole.
🔥 Seconde mi-temps : le hold-up grenoblois
Au retour des vestiaires, le match bascule déjà. Trois changements d’un coup : côté grenoblois, Benet, la caution technique de l’entrejeu, laisse sa place à Mamady Bangré ; côté stéphanois, deux milieux sortent (Moueffek et Jaber), remplacés par deux jeunes de 18 ans. Un choix audacieux qui donne tout de suite le ton. À la 50e, Cardona se présente seul face à Diop, mais bute sur le portier adverse. Une occasion énorme, ratée. Saint-Étienne continue alors son siège : attaque-défense permanent, Grenoble est submergé et peine à respirer. Bernauer, lui, brille par sa maîtrise technique, les vagues vertes s’abattent sans relâche sur le but grenoblois. Heureusement pour les Isérois, Diop sort le grand match, multipliant les arrêts pour maintenir le score à 1-0. Malgré les nombreux transferts estivaux, on sent déjà de belles combinaisons dans le jeu stéphanois. Mais Cardona, encore lui, manque une deuxième balle de break à la 70e minute. La jeunesse s’invite dans le débat : Luan Gadegbeku, 18 ans à peine, réalise une entrée éblouissante, affichant déjà une allure de patron. Joshua Duffus, une des recrues phares du mercato, séduit lui aussi par sa technique et son tempérament. Mais l’intensité monte : fautes non sifflées, frustrations, coups de nerfs. Le match se tend dans les vingt dernières minutes. Et puis, l’impensable arrive. À la 77e, sur un centre venu de nulle part, Grenoble égalise. Un vrai coup de massue, totalement contre le cours du jeu. On appelle ça un hold-up : quand une équipe dominée arrache un résultat auquel personne ne croyait. Ce soir, le terme prend tout son sens. Sainté pousse jusqu’au bout, harcèle, tente, multiplie les assauts. Mais le temps file, le réalisme manque, et le match s’achève sur un 1-1 qui laisse un goût amer dans le Chaudron.
👑 Homme du match de cet ASSE - Grenoble : Maxime Bernauer
Difficile de ne pas mettre en avant Maxime Bernauer. L’arrière gauche stéphanois a livré une prestation d’une propreté chirurgicale : 104 passes réussies sur 115, dont 28 dans le dernier tiers adverse, 8 duels gagnés sur 9, et 3 interceptions parfaitement placées. Une copie quasi-parfaite qui illustre à merveille pourquoi il est resté dans le Forez : sa place est clairement en Ligue 1, et il compte bien y retourner dès la saison prochaine avec les Verts. Mais un match se joue aussi sur des détails, et cette fois-ci, Irvin Cardona en a fait les frais. Deux occasions franches manquées qui pèsent lourd : au lieu des trois points espérés, l’ASSE doit se contenter du nul. Rien de dramatique : même les buteurs les plus fiables connaissent des soirées sans. Et vu son profil, nul doute que Cardona sera l’un des hommes forts de la saison en Ligue 2.
Saint-Étienne et Grenoble offrent un spectacle intense et contrasté, entre maîtrise technique et imprévisibilité du football. Le Chaudron a vibré comme jamais, rappelant pourquoi l’ASSE est bien plus qu’un club : une véritable institution populaire.
Malgré la domination stéphanoise, le hold-up grenoblois souligne la fragilité de la défense verte. Bernauer sort grandi de cette rencontre, tandis que Cardona devra vite se rattraper pour transformer ses occasions en points. Au final, un match nul qui laisse des enseignements, de l’émotion et surtout l’envie de vite retrouver le Chaudron.
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Simon Leon, copywriter, rédacteur et community manager















