Le Puy Foot 43 – Bourg-en-Bresse : immersion dans le championnat de National au stade Charles Massot
- Simon Arnaudet
- 20 sept.
- 5 min de lecture
Le Puy-en-Velay est la ville de départ du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pour certains, c’est une marche spirituelle vers l’Espagne. Pour moi, ce vendredi 29 août, c’était le coup d’envoi d’un autre chemin : trois matchs en trois jours, une traversée footballistique entre Haute-Loire, Forez et Rhône. Première étape : Le Puy Foot 43 – Bourg-en-Bresse. Samedi, cap sur Saint-Étienne – Grenoble. Dimanche, arrivée au sommet avec Lyon – Marseille.

👥 En bonne compagnie pour un bon match
Je m’installe dans les gradins avec mes compagnons de match : Steph, fervent supporter ponot, croisé pour la première fois grâce à Sorare, et son fils Livio. Malgré ses six ans, c’est déjà la quatrième fois que Livio se rend au stade et jusqu’ici, il n’a encore jamais vu une victoire du Puy. Alors forcément, ce soir, on espère que la routourne va enfin tourner… Le match s’annonce comme un condensé du National : une compétition charnière, mi-pro, mi-amateur, où l’on peut croiser autant d’anciens de Ligue 2 que de jeunes en quête de reconnaissance.
⚽ Le Puy Foot 43 et Bourg-en-Bresse, deux visages du National
Le Puy Foot 43, c’est le genre de club qui vit à l’échelle d’une ville moyenne mais qui rêve en grand. Entre montées et descentes, et souvenirs de l’époque des frères Bargas, le club s’accroche au National, porté par une identité profondément régionale et une volonté de représenter la Haute-Loire sur la carte du foot français. Ici, on ne joue pas avec les moyens des grandes métropoles, mais avec la passion d’un territoire. Bourg-en-Bresse, de son côté, reste marqué par son passage en Ligue 2, une époque pas si lointaine qui a laissé des souvenirs dans les têtes et une ambition dans les tripes. Aujourd’hui en National, le FBBP01 continue de jouer un rôle important dans ce « championnat passerelle », avec l’envie de rappeler que l’Ain n’est pas seulement une terre de gastronomie mais aussi de ballon rond.

🏟️ Le stade Charles Massot, entre héritage et authenticité
Le stade Charles Massot, qui a remplacé en 1986 le mythique stade Lafayette, aussi appelé le « petit chaudron », est un mélange entre terrain de sport municipal et théâtre des rêves version Haute-Loire. Construit en 1960, retapé deux fois depuis, il a gardé son allure de stade champêtre : une tribune, de l’athlé autour, et une fanfare qui se donne à fond comme si elle jouait à Bercy.
🔥 Première période : Le Puy Foot 43 domine sans concrétiser face à Bourg-en-Bresse
Le match débute sur un rythme lent, sans grande intensité. Les deux équipes s’observent et le public attend l’étincelle. Du côté de Bourg-en-Bresse, un joueur attire tout de suite l’œil : Do Marcolino, jeune défenseur de 19 ans prêté par Rennes. Sobre, toujours bien placé, il dégage un talent qui lui permettra sûrement de grimper bien plus haut que ce championnat.
Un cran plus haut, on retrouve Matteo Bodmer, fils de Mathieu, l’actuel directeur sportif du Havre en Ligue 1. Le père compensait son « côté bon vivant » par une technique de velours. Le fils, affûté comme jamais, perpétue la tradition familiale. Le Puy, de son côté, joue avec un avant-centre solide, Plamedi Nsingi, qui sert de point d’appui. Il dévie, il fixe, et autour de lui gravite Paul Wade, toujours prêt à exploiter le moindre espace. Le plan de jeu est clair : faire parler la technique de Wade en s’appuyant sur le travail de Nsingi. Il faut attendre la 37ᵉ minute pour que la partie s’anime enfin : une énorme occasion pour Nsingi, seul devant le but, mais sa tête fuit le cadre. Deux minutes plus tard, à la 39ᵉ, réaction de Bourg-en-Bresse avec une frappe de Bodmer, qui file petit filet extérieur. Les dix dernières minutes de cette première période sont les plus agréables à regarder : plus d’intensité, plus de rythme, et surtout le plaisir de voir évoluer deux véritables numéros 10, Meyer côté Bourg-en-Bresse et Wade côté Le Puy Foot 43. Le Puy domine dans la possession, mais bute sur un adversaire bien en place. Bourg-en-Bresse quadrille parfaitement le terrain, réduit les espaces et contraint les Ponots à allonger le jeu, souvent synonymes de pertes de balle. Résultat : à la pause, le score reste de 0-0. Pas une grande mi-temps, mais une fin prometteuse qui donne envie d’y croire pour la suite.

🎯 Pendant la pause : les yeux du recruteur
Pendant la pause, le spectacle ne s’est pas totalement arrêté. Sur la pelouse, des jeunes se sont affrontés dans un concours de tirs au but rappelant le fameux “challenge Wanadoo” du Parc des Princes. Mais l’animation la plus intéressante, je l’ai trouvée en tribune. Mon voisin, Farid, n’était pas un spectateur comme les autres. Il est recruteur pour le compte du Rodez Aveyronnais Football, en Ligue 2. Il observait attentivement le match. Dans sa cellule de recrutement, composée d’un directeur sportif, d’un analyste data et de lui-même, il a pour mission de dénicher des profils prometteurs en Suisse, en Belgique mais également en National. Car ce championnat reste un vivier très suivi par les clubs pros : "On y repère des joueurs de 19 à 24 ans capables de s’imposer à l’échelon supérieur, avec en prime une valeur marchande encore abordable. On cherche des joueurs dynamiques, intelligents et capables de changer la direction du jeu”, me confie Farid, qui m’a aussi raconté le recrutement de Jordan Mendes depuis Versailles, devenu LE joueur à suivre côté ruthénois.
⚡ Deux penalties et un nul : Le Puy Foot 43 accroche le FBBP01
La reprise de la seconde mi-temps ne réserve pas grand-chose jusqu’à la 66ᵉ minute. Et puis tout bascule : l’arbitre siffle un pénalty pour Bourg-en-Bresse sur une main que bien peu auront vue. Meyer, ancien du Puy, transforme avec sang-froid. Son absence de célébration devant ses anciens supporters sera d’ailleurs remarquée et saluée. Dix minutes plus tard, nouveau tournant : après plusieurs coups de sifflet manqués, l’arbitre finit par accorder un pénalty au Le Puy Foot 43. Wade, l’autre numéro 10 de la soirée, ne tremble pas et égalise. Deux pénalties, deux buts, et une ambiance qui s’enflamme pendant une bonne dizaine de minutes. La fin de match, elle, s’éteindra doucement, les deux équipes semblant émoussées par la préparation estivale. Score final : 1-1, dans une seconde période où l’arbitre aura été l’homme fort, parfois pour le meilleur, parfois pour le débat. Mon voisin Livio, amusé, l’a même comparé à « un Clément Turpin de province » : capable de faire parler de lui plus que des joueurs !

🏅 Homme du match : Meyer illumine son retour au Puy Foot 43
Sur le terrain, il y avait du talent à revendre avec Do Marcolino, jeune joueur prometteur qui pourrait bien éclabousser le football dans les années à venir. Mais le vrai maître du match, c’est Meyer. De retour dans son ancien stade, du Le Puy Foot 43, il a ouvert le score sur pénalty et a illuminé le jeu par sa technique et sa maîtrise, imposant son empreinte sur chaque action. Et pourtant, le plus impactant de tous reste… l’arbitre. Sans ses deux pénalties généreusement sifflés, on aurait probablement assisté à un 0-0 endormi. Merci pour le spectacle, monsieur l’arbitre !
Au final, ce match n’a pas brillé par son spectacle, et Livio repart encore sans victoire. Mais c’est aussi ça le football : revenir au stade, vivre l’ambiance et garder espoir pour la prochaine fois. Cap maintenant sur le deuxième match du Week-end Foot à Saint-Étienne contre Grenoble !
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Simon Leon, copywriter, rédacteur et community manager



