Surprise Coupe du monde 2026 : ces 4 nouveaux venus qui veulent choquer le monde
- 18 mai
- 6 min de lecture

Simon Leon
Les gars, la Coupe du monde, c’est dans quelques semaines ! Et quelle Coupe du monde : trois pays hôtes, quatre fuseaux horaires et 48 équipes qui se disputent le graal absolu du football mondial. C’est incroyable ! Sans oublier les quatre nations qui découvriront la compétition pour la première fois : l’Ouzbékistan, le Cap-Vert, la Jordanie et Curaçao ! D’ailleurs, c’est l’Ouzbékistan qui va réaliser la meilleure performance des quatre petits nouveaux, on est d’accord ? Ce sera la véritable surprise Coupe du monde 2026 ?
Clément Fradique
Ah non Simon ! Je t’arrête tout de suite. Même si l’Ouzbékistan possède de solides arguments, c’est la Jordanie qui va écrire l’histoire l’été prochain. La sélection possède une véritable culture du ballon rond. C’est un véritable phénomène de société qui dépasse le cadre du sport. Les jours de match, le temps s’arrête complètement. Vous connaissez Hiba Al-Sabbagh ?
Simon Leon
Ça ne me dit rien. Victorien ?
Victorien Hegui
Non plus, qui est-ce ?
Clément Fradique
C’est certainement la meilleure journaliste du royaume et elle explique parfaitement comment le football a pris une place incroyable dans la société jordanienne : « Le football est devenu un symbole d’espoir, de fierté et d’appartenance, un reflet de l’unité de la Jordanie et de la résilience de son peuple, au-delà des différences sociales ou géographiques. » Rien que le surnom de la sélection, “Al-Nashama” (Les Braves), montre le côté guerrier de cette équipe.

Victorien Hegui
Ok, la Jordanie vit le foot intensément, on est d’accord. Mais au Cap-Vert, cette qualification est déjà racontée comme un moment d’histoire nationale.
Clément Fradique
Comment ça ?
Victorien Hegui
Cette qualif est déjà considérée comme le troisième moment le plus marquant de l’histoire du pays. Pas dans l’histoire du foot cap-verdien hein ! Dans l’histoire du pays !
Franchement, l’Ouzbékistan et la Jordanie peuvent rivaliser avec ça ?
Simon Leon
Crois-moi, la qualification en Coupe du monde est tout aussi historique pour l’Ouzbékistan ! Mais la question n’est pas là. Il faut analyser le niveau de jeu des équipes. Ceux qu’on appelle “Oq boʻrilar” (les Loups Blancs) n’ont perdu qu’un seul de leurs neuf matchs de qualification, en finissant à seulement 2 points du mastodonte iranien, et en affichant la meilleure défense du groupe : 7 buts encaissés en 10 matchs ! Et ils n’ont perdu qu’un seul match depuis novembre 2024 ! Vous pouvez dire mieux ?
Victorien Hegui
Tu veux parler niveau de jeu ? Parlons-en ! Les Tubarões Azuis (les Requins Bleus) ne comptent également qu’une seule défaite pendant les qualifs. Ils ont fini premiers de leur groupe avec quatre points d’avance sur le Cameroun qu’ils ont même battu au moment de prendre le lead. La cerise sur le gâteau ? Zéro but encaissé à domicile sur toute la campagne. C’est pas négligeable quand on sait le soutien qu’ils vont recevoir sur le continent américain.

Clément Fradique
J’ai aussi de solides arguments pour la Jordanie qui, rappelons-le, reste sur une finale de Coupe d’Asie 2023 et une finale de la Coupe arabe 2025. Et lors de la dernière trêve, les Jordaniens ont tenu tête à deux équipes habituées de la Coupe du monde, à savoir le Costa Rica (2-2) et le Nigeria (2-2 encore), troisième de la dernière CAN. Pas mal, non ? En plus, cocorico : l’équipe emmenée par Jamal Sellami compte dans ses rangs un nom bien connu en France, le Rennais Moussa Al-Taamari, qui avait fait vivre un calvaire à la défense du PSG lors de leur venue au Roazhon Park et qui a certainement marqué le but de la saison en Ligue 1 contre l’OL. Pas sûr que vos équipes aient un joueur qui a fait plier les champions d’Europe en titre.
Simon Leon
C’est pas mal Al-Taamari. Et oui, sa reprise de volée à Lyon est magnifique. Mais on parle quand même d’un joueur qui peine à réellement s’imposer à Rennes… Si vous voulez parler de talents individuels, vous n’allez pas être déçus avec les Loups Blancs ! Sur le terrain, on a deux cracks. En 9, l'expérimenté Eldor Shomurodov. Plus de 100 matchs en Calcio, notamment avec l’AS Roma et actuel deuxième meilleur buteur du championnat turc avec Basaksehir en devançant notamment Icardi ou Osimhen (excusez du peu !) Derrière, l’un des défenseurs centraux les plus prometteurs au monde : Abdukodir Khusanov. À 22 ans à peine, il a déjà une quarantaine de matchs avec Manchester City. Sans oublier que sur le banc, on a un Ballon d’Or champion du monde : Fabio Cannavaro ! On est dans un autre registre non ?
Victorien Hegui
Vous avez des “stars”, OK ! Mais attention quand même, parce que le Cap-Vert, ce n’est pas juste une équipe qui a réussi ses qualifs par miracle. Pour moi, sa vraie force, elle est ailleurs. Le sélectionneur le dit lui-même : chez lui, il n’y a pas de place pour les egos. Et ça en dit long sur la mentalité de l’équipe. Déjà, à sa dernière CAN, le Cap-Vert tournait à 54 % de possession, avec seulement 4 buts encaissés sur tout le tournoi. Donc non, ce n’est pas juste une équipe one-shot qui subit et qui prie. On est sur un collectif discipliné, capable de tenir le ballon, de défendre proprement et de rester cohérent. Et pour moi, dans une Coupe du monde, ce genre d’équipe est souvent beaucoup plus pénible à jouer qu’une équipe avec deux noms qui brillent et rien autour.
Clément Fradique
Oui, c’est sûr. Mais la Jordanie a de vrais arguments à faire valoir. Elle va certes disputer un match de gala face aux champions du monde argentins (je sais, ça fait mal de le rappeler), mais ce genre d’affiche peut aussi servir de déclic. Après tout, l’Arabie saoudite avait créé l’exploit en 2022 en battant les coéquipiers de Lionel Messi au Qatar. Dans un groupe relevé avec l’Algérie et l’Autriche, les hommes de Sellami auront fort à faire, mais aussi de belles opportunités pour se révéler. D’autant que, sur le papier, les Jordaniens n’ont rien à perdre et n’ont pas peur de subir. Avec cette capacité à tenir tête à des équipes solides et à créer la surprise, la Jordanie pourrait bien déjouer les pronostics et réussir une Coupe du monde plus qu’intéressante.
Victorien Hegui
Le calendrier jordanien est alléchant. Mais je vous conseille de bien vous mouiller la nuque avant de regarder celui du Cap-Vert. Parce que là, il n’y aura pas un match pour souffler : l’Espagne pour te punir collectivement, l’Uruguay de Bielsa pour te prendre à la gorge, et l’Arabie saoudite pour te rappeler qu’un outsider peut toujours renverser la table. Donc oui, la poule est terrible. Mais c’est exactement le genre de contexte où une équipe que personne n’attend peut devenir LA surprise du tournoi. Voilà pourquoi, pour moi, parmi les petits nouveaux, s’il y a un pays capable de nous faire une Costa Rica 2014, c’est bien le Cap-Vert.

Simon Leon
Vous parlez de match de gala : l’Ouzbékistan va jouer le Portugal, qui est l’un des favoris pour ramener la coupe à la maison. Ensuite, ils joueront la Colombie, qui a terminé derrière l’Équateur en qualifs, et la RDC, qui s’est qualifiée d’extrême justesse en barrage de barrage… Je prends le pari que l’Ouzbékistan sera la seule nation des quatre à découvrir la Coupe du monde à passer le premier tour !
Clément Fradique
Je pense que le meilleur moyen de se mettre l’eau à la bouche, c’est de jeter un œil aux prochains matchs amicaux de nos poulains. Pour ma part, la Jordanie va affronter la Suisse le 31 mai puis la Colombie le 8 juin. Deux rencontres de haut niveau qui permettront aux hommes de Jamal Sellami de se mettre directement dans le bain avant leur entrée en lice face à l’Autriche, le 17 juin à 6h du matin (oui, je sais, c’est tôt !) du côté de Santa Clara. Des affiches intéressantes pour jauger le niveau réel de cette équipe jordanienne face à des nations habituées aux grandes compétitions. Si les Jordaniens parviennent à rivaliser dans le jeu et à rester solides défensivement, cela pourrait confirmer qu’ils ne seront pas simplement là pour faire de la figuration durant ce Mondial.
Victorien Hegui
On aura beau vendre nos équipes jusqu’au bout, au final, seul le rectangle vert tranchera.
Parce qu’au Mondial, il y a une vérité qu’on oublie toujours un peu trop vite : rien n’est jamais écrit d’avance. Pendant qu’on débat sur l’Ouzbékistan, la Jordanie ou le Cap-Vert, il y a peut-être un autre outsider qui prépare une surprise dans l’ombre. Et si le meilleur coup de ce Mondial venait finalement du Curaçao ? Rendez-vous le 11 juin, messieurs, pour l’ouverture de cette Coupe du monde au format inédit, qui s’annonce aussi passionnante qu’imprévisible !
Article rédigé en collaboration avec Clément Fradique et Victorien Hegui.



