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Le meilleur copywriter français donne son avis sur le copywriting sportif (Sélim Niederhoffer)

  • il y a 4 jours
  • 16 min de lecture

Un copywriter, c’est un peu comme Pippo Inzaghi : invisible pendant 90 minutes puis décisif au moment où tout se joue. Dans le sport business, on célèbre les joueurs, les sponsors, les graphistes ou les vidéastes. Mais qui écrit les mots qui font cliquer, acheter un maillot, remplir un stade ou télécharger une application ? Derrière chaque billet vendu, chaque paire de sneakers écoulée ou chaque campagne virale se cache souvent un talent discret : un copywriter. Et dans l’univers encore méconnu du copywriting sportif, certains savent transformer les mots en buts décisifs. Son prénom rappelle un meneur de jeu magique du PSG des années 2000, son nom évoque la solidité défensive de la Mannschaft : auteur de best-sellers et formateur suivi par des milliers de marketeurs, Sélim Niederhoffer est considéré par beaucoup comme le meilleur copywriter français. Dans cet entretien, il raconte son parcours improbable, explique pourquoi le copywriting sport reste l’un des avantages compétitifs les plus sous-exploités des clubs et dévoile comment quelques mots bien choisis peuvent suffire à transformer une simple histoire en victoire commerciale.


Sélim Niederhoffer Simon Leon Copywriting sportif

Tu es l’un des meilleurs copywriters français (peut-être même le meilleur !) mais peu de gens savent vraiment en quoi ce métier consiste et beaucoup l’associent au © ! Ma première question est donc simple : quand ta fille t’a demandé « Papa, tu fais quoi dans la vie ? » que lui as-tu répondu ?

Elle ne le sait pas encore. Elle croit toujours que « j’écris des histoires ». Comme elle commence à voir de la publicité, je lui dis maintenant : « Papa, il écrit des publicités. » Mais c’est encore trop compliqué pour elle, puisqu’elle n’a pas de téléphone portable. Lui expliquer le fait de faire cliquer quelqu’un, de pousser quelqu’un à l’action, ce n’est pas encore à sa portée. En revanche, quand je dois l’expliquer à mes parents, à mes voisins ou aux personnes que je rencontre pour la première fois, je leur dis que j’écris pour des marques afin que leurs textes fassent passer le lecteur à l’action : s’abonner, télécharger une application, faire un don à la Croix-Rouge, adhérer à un parti politique, acheter un ventilateur USB, etc.


Comment passe-t-on des achats et de la logistiques internationales à la science du copywriting ?

Je n’étais pas à ma place dans mes études. Je pensais que j’allais aimer ça. J’ai un master en achats et logistique internationale industrielle, et j’ai travaillé pour de très grands groupes comme General Electric ou Schneider Electric, l’un de nos fleurons du CAC 40. Mais ce n’était pas pour moi : les fichiers Excel, très peu pour moi, et l’industrie en soi ne me passionnait pas. J’ai des potes qui arrivent très bien à se dire qu’ils ont un travail et qu’ils ne sont pas là pour s’amuser. Moi, j’ai un problème, je suis un sale gosse, un gamin, j’ai besoin de m’amuser. Si je ne m’amuse pas, je ne donne pas mon maximum et je n’ai pas envie de continuer. C’est ce qui s’est passé dès mon premier CDI : j’ai tenu deux mois et demi, je ne suis même pas allé au bout de ma période d’essai. Un lundi matin, je me suis levé, je n’avais pas envie de faire une présentation PowerPoint, alors j’ai envoyé un message de démission à ma boss : « Je ne viendrai pas aujourd’hui, ni demain, ni plus jamais. Quand puis-je venir vous rendre l’ordinateur et la sacoche moche ? » (Rires). À ce moment-là, j’étais à Paris, la vie nocturne parisienne se mêlait à mes lectures en ligne, on est en 2007-2008 et je lis des blogs. Il y en a un en particulier où des gars de 20-25 ans racontent leur vie, un peu le Sex and the City au masculin, jeunes, travaillant en agence de pub. Ils étaient quatre. J’ai trouvé ça fou, génial, je voulais écrire avec eux. Un jour, j’ai soumis un texte, il a été accepté, j’étais trop content, je les ai rejoints, et tout a commencé par le blogging et par le fait de se rendre compte que ton texte peut avoir un impact : il est lu, les gens réagissent, parfois ils n’aiment pas du tout et t’insultent, mais c’est le jeu. Les gars avec qui j’écrivais m’ont aidé à monter mon premier business : mon premier blog, je l’ai planté en un an parce que je ne connaissais pas le mot « copywriting ». Je l’ai découvert avec Power Copywriting for the Internet de Bob Serling, pas un auteur particulièrement connu, juste un copywriter parmi des centaines ou des milliers aux États-Unis, mais mon mentor avait imprimé ce livre et me l’a donné, et ça a été merveilleux. À partir de ce moment-là, c’était un autre univers, le moment waouh de la révélation dans les films, comme la pilule dans Limitless ou le « I know Kung Fu » dans Matrix. C’était comme si on m’avait téléchargé un super pouvoir qui transformait mes mots plats et rigolos en mots qui convainquent les gens ; ça fait maintenant seize ans que je lis des bouquins sur le copywriting, et j’en ai encore commencé un hier soir !


Est-ce que, selon toi, copywriter est le plus beau métier du monde ? 

Je ne sais pas si c’est le plus beau métier du monde, mais c’est le métier qui est fait pour moi. Ce n’est pas le plus beau métier du monde parce que beaucoup de personnes ne vont pas aimer bosser en agence, ou bosser seules chez elles, ou être assises toute la journée derrière un ordinateur. J’ai rencontré des gens qui m’ont dit : « Jamais je ne ferai ton métier, je suis beaucoup plus heureux à bosser dans un laboratoire, à bouger toute la journée, à mixer la nuit dans un bar, à être jardinier, à être dehors qu’il pleuve ou qu’il neige. » Ce n’est pas pour tout le monde. Mais pour moi, c’est l’éclate, parce que ça implique des qualités qui sont intrinsèquement les miennes : la curiosité permanente, la créativité, et ça, c’est merveilleux. Il y a aussi ce côté jeu : je veux gagner. C’est cool d’avoir des idées, c’est chouette d’être créatif et d’écrire, mais derrière, il y a le moment de vérité : je publie un post LinkedIn, une vidéo YouTube ou une page de vente. Est-ce que ça va marcher ? Et ça, c’est ultra intéressant. Il ne faut pas oublier non plus qu’on n’est pas toujours récompensé sur le moment. Tout à l’heure, je lisais un article sur les raisons qui expliquent qu’Alpine se soit plantée aussi royalement en Formule 1 en 2025, visiblement parce qu’ils ont fait le pari de mettre tous les efforts de développement sur 2026. En copywriting, c’est parfois pareil : ta version 1 peut se planter, et soit tu as la capacité d’encaisser l’échec, de te relever et d’écrire une V2, soit ce n’est effectivement pas le plus beau métier du monde pour toi et tu vas pleurer très fort. Cet état d’esprit, c’est un jeu. Je joue, parfois je gagne, le plus souvent je perds. Mais plus je joue, plus je me rapproche de la victoire. C’est une des grandes leçons de Gary Albert, copywriter mythique des années 80 : « Vous n’êtes qu’à une page de vente de la richesse. » C’est vraiment mon état d’esprit. Il y a aussi le côté liberté : être libre de bosser pour qui on veut, autant que l’on veut, d’où on veut, et oui, cet aspect est important. Mais la perspective de lancer un jour un produit comme Pet Rocks, ça rend tout le monde fou ! Gary Ross Dahl, publicitaire américain, voit des galets sur une plage au Mexique et se dit qu’il va en faire une jolie boîte avec un guide pour bien élever et dresser son caillou domestique. C’était en 1975. Il crée l’ancêtre du Tamagotchi et devient millionnaire !


Sélim Niederhoffer Simon Leon Copywriting sportif

Tu es l’auteur des « mots magiques », en quoi sont-ils magiques ?

Certains mots ont le pouvoir de créer un état émotionnel incroyable. Par exemple, si tu lis un article qui annonce « l’horrible attentat sur Mbappé à la 59e minute », tu peux croire qu’il a réellement pris une bombe et qu’il s’est gravement blessé. Finalement, non : c’est simplement un défenseur qui a commis une faute grossière sur lui. Mais le titre t’a fait cliquer, parce qu’il était chargé d’une émotion beaucoup plus forte. Le copywriting, c’est justement l’art de structurer un propos, une argumentation, puis de la saupoudrer de ces petits mots magiques. Tu peux avoir un texte brillantissime d’un point de vue structurel mais s’il n’y a pas d’émotion, il restera plat, comme un discours sans relief. On a tous assisté à des masterclass passionnantes sur le papier, mais ennuyeuses comme la pluie parce que l’intervenant était monocorde, trop factuel, trop logique. Nous, on est là pour créer des montagnes russes émotionnelles, avec des mots de désir, de transformation, de victoire, mais aussi de dégoût, de peur, d’angoisse, jusqu’au dénouement. Et c’est là qu’on rejoint l’art de raconter des histoires. J’ai déjà vu des textes gagner 2 à 3 % de conversion simplement en changeant un seul mot sur une page. Je donne souvent l’exemple véridique de la nourriture pour chien : une marque vend des croquettes, et le copywriter remplace « propriétaire » ou « maître » par « parent » de chien. Évidemment, l’émotion change tout. Un chien, c’est un être à qui il ne manque que la parole. Et c’est là que tu comprends qu’un seul mot, magique, peut tout transformer.


Tu préfères « concepteur-rédacteur » ou « copywriter » ? Je dois dire « meilleur concepteur rédacteur français » ou « meilleur copywriter français” » !

Je prends les deux ! Concepteur-rédacteur, c’est comme ça que mes amis en agence se définissent. Copywriter, c’est un terme très Internet, infoproduit et LinkedIn. Quand je suis formateur en copywriting, je dis formateur en copywriting. Quand j’écris, j’adapte en fonction de la personne que j’ai en face de moi, parce que certains confondent copywriter et copyright. Par exemple, avec un directeur marketing d’un grand groupe, je suis copywriter et avec un dirigeant de PME, je suis rédacteur.


Tu as vendu plus de 25 000 livres, c’est comme si tous les spectateurs du stade Océane du Havre avait acheté tes livres. Tu es une rockstar en fait ?

Récemment, j’ai eu la chance de donner une conférence au Parc des Princes lors du SEO Summit 2025, parce qu’aujourd’hui, tous les grands stades sont aussi utilisés pour des événements d’entreprise, et c’était très chouette. Quand tu es là, tu prends ton déjeuner le midi, tu te poses au soleil au bord de la pelouse. Forcément, tu penses à la Ligue des Champions qu’ils viennent de gagner, mais aussi aux concerts mythiques de Johnny.


Quelle est ta relation au sport ?

C’est une relation d’amour, une relation de dépendance mais aussi une relation sans laquelle je ne serais pas très bien dans ma peau, parce que je fais du sport depuis l’âge de six ans. Je me souviens encore de ma première licence dans un club de foot, c’était au Passage Football Club, à Agen. Puis à l’AJA, de mes 10 à 14 ans, et enfin à Andernos-les-Bains au lycée. Ça a été très dur d’arrêter pendant la prépa : le rythme des deux entraînements par semaine et du match le week-end me manquait. Mais je n’avais plus le temps, donc il ne me restait que la muscu dans ma chambre étudiante : gainage, crunchs, etc., et, avec un peu de chance, taper la balle le week-end avec les amis. Après les études, j’ai pu reprendre le foot à 11, avant de passer au foot à 5 pendant ma période parisienne. Puis il y a eu les blessures. J’ai fini par seulement courir. Là, j’ai passé la quarantaine et je m’y remets doucement. Ce matin même, je me suis inscrit pour le five du mercredi !


Et es-tu consommateur de sport ?

Bien sûr. Aujourd’hui, beaucoup moins, parce que je dois faire des choix, et ça, c’est la partie la plus dure : devoir renoncer. Je ne regarde plus tous les matchs comme je pouvais le faire quand j’étais jeune, parce que je dois gérer mon temps. Alors je priorise ce qui me fait vibrer. Je regarde beaucoup moins les matchs de l’AJ Auxerre. Je suis davantage le PSG, parce que j’ai vécu quinze ans à Paris et il y a beaucoup de beaux matchs au Parc. J’ai même déplacé la Copynight que j’organise du mardi au jeudi pour ne pas louper les grosses affiches de Ligue des champions ! Sinon, je suis aussi l’équipe de France, surtout lors des grandes compétitions : là, je prends toujours le temps. Et maintenant que je suis papa, je commence à emmener ma fille voir du sport, comme dernièrement avec l’équipe de basket locale, pour lui transmettre un peu ça.


Sélim Niederhoffer Simon Leon Copywriting sportif

Sinon, tu es 100% foot ? 

Je te dirais oui, sauf quand ce sont les Jeux Olympiques. Par exemple, pour Paris 2024, je suis allé voir les finales de boxe à Roland-Garros, c’était très chouette. J’aurais bien aimé voir aussi le judo, le basket ou l’athlétisme, avec l’épreuve reine du 100 mètres bien sûr ! On vient de sortir des JO de Cortina 2026, et j’ai montré à ma fille les finales de patinage en couple ainsi que les finales féminines.


Peut-on parler de « copywriting sportif » ? Et si oui, quelle est serait la définition ?

Je pense qu’on va plutôt parler, de manière globale, de marketing sportif. Mais d’un point de vue copywriting sportif, si tu ne devais garder qu’une seule signature, ce serait forcément Nike et son « Just Do It ». C’est la première qui ressort immédiatement. Même si Adidas a récemment décidé de troquer son « Impossible Is Nothing » pour le plus moderne « You Got This », qui est intéressant parce qu’il recentre le slogan sur le client : You – Vous – Tu. Le message est fort : tu as la situation entre les mains, tu vas y arriver, tu peux le faire. Ça ressemble quand même beaucoup à Nike. Ou du moins on s’en rapproche fortement. Avant, on était davantage sur du conceptuel : « Impossible » est un concept, « Is Nothing » en est un autre. C’est pareil du côté des grands clubs : si je prends le PSG avec « Dream Bigger », ça pourrait être un logiciel, ça pourrait être n’importe quoi en réalité. Liverpool, avec « You’ll Never Walk Alone », c’est du très bon marketing, mais ce n’est même pas leur slogan à l’origine : c’est la chanson que tout le monde connaît.


« ILe copywriter sportif doit avoir ressenti les tribunes pleines à craquer, le stade qui tremble »


Pourquoi un copywriter spécialisé sport devrait-il être différent ?

Le copywriter sportif évolue dans un domaine très spécifique : le sport, qui est orienté vers la performance et le dépassement de soi. Un copywriter sportif doit l’avoir vécu. Il doit avoir ressenti les tribunes pleines à craquer, le stade qui tremble, il doit avoir pleuré devant une séance de penalty où son équipe se fait éliminer bêtement après avoir mené au score, il doit avoir souffert pendant une course, s’être blessé, avoir perdu, s’être relevé et avoir gagné. Si tu n’as pas connu tout ça, tu ne peux pas être copywriter sportif. Il y a une vraie spécialisation dans l’effort, la sueur, la motivation, la discipline. Tout un champ sémantique différent. On y retrouve les émotions, mais aussi le principe d’unité de Cialdini : ton équipe, ce maillot, nos couleurs, notre pays. Ça me rappelle une proposition assez drôle que j’ai faite sur le compte Instagram de l’équipe de France de football : ils avaient publié un carrousel « réalité vs LinkedIn » et il y avait une faute dans le texte de Mike Maignan. J’ai commenté : « Les gars, si vous voulez un relecteur pour les six prochains mois, je suis là… et gratuit ! » Parce que ça me touche, l’équipe de France. On est là pour rigoler, en plus d’aller chercher une troisième étoile. Mais quand tu es l’équipe de France, tu ne peux pas faire de faute : il y a des gamins qui lisent toutes les publications…


Aujourd’hui, tous les clubs ont des graphistes, des vidéastes, des Community Managers… mais très peu ont un vrai copywriter. Est-ce que le copywriting est l’avantage compétitif le plus sous-exploité du sport business ?

Je pense qu’aujourd’hui, ton copywriter en chef, c’est le directeur marketing, parce que c’est lui qui est là pour tout harmoniser. C’est lui qui doit coordonner les efforts faits sur le site, sur la billetterie, sur la vente physique autour du stade, sur les événements marketing auxquels les sportifs sont parfois contraints d’assister. Sauf Mbappé qui ne veut pas faire des photos pour KFC ! Aujourd’hui, est-ce qu’un club aurait vraiment besoin d’un copywriter ? Moi, je dis oui, justement pour harmoniser tout ça : ton Instagram, ton TikTok, ton YouTube, tous les points de contact. Au début de ma carrière, quand j’ai commencé comme community manager de Patrick Bruel, je devais penser à tout, parce qu’il fallait que ça fonctionne avec Pathé, Gaumont, Sony Music, Winamax, etc. C’est là que tu as besoin d’un copychief qui dit : « non, on n’écrit jamais ça ! ». Pour un club ou une structure sportive, c’est pareil : tu dois avoir un référent, surtout quand on voit le volume de textes produits. C’est énorme : les collabs, les éditions limitées, les nouveautés, la billetterie… Il faut un garant de l’unité de ta stratégie de copywriting.


« Le supporter est un collectionneur d’émotions. »


En quoi le supporter est-il un client différent ?

Le supporter, c’est une partie de l’identité. Il a perdu pendant cinquante ans avant de gagner une Ligue des champions. Il a vécu toutes ces remontadas. Il a vu ses rêves fondre en 2020, il a traversé la période Covid face au Bayern en finale, en se disant : « Ce n’est pas possible, on ne la touchera jamais, celle-là. » Et pourtant, il sera toujours là, et il dépensera presque toujours son argent. C’est un collectionneur d’émotions. Avec lui, tout est intense, dans le bonheur comme dans le malheur. Tout se joue dans le cœur, et par nature, le cœur est excessif. Non, un supporter n’est pas un client comme les autres : tu sais que tu pourras toujours compter sur lui, parce que son identité, elle, ne changera pas.


Dans le copywriting, le storytelling est prépondérant. Quels sont les meilleurs « storytellers » dans le sport et pourquoi ?

Aujourd’hui, j’ai envie de suivre Haaland, parce qu’il me fait rire, parce que son histoire, sa culture de la performance, les records qu’il bat régulièrement, c’est fou. Faire le triplé avec Manchester City, c’est fou aussi. Cristiano Ronaldo m’a amusé pendant des années, même si là, il commence un peu à me fatiguer. Messi n’a jamais vraiment communiqué : lui, il s’en fout, il joue au foot, il n’est pas là pour faire du blabla, et c’est intéressant aussi. Mbappé, c’est fascinant à observer, même si je pense qu’il a un peu perdu le fil depuis un an et demi, deux ans. Donc oui, Haaland, parce qu’il me fait marrer : l’humour est ultra important pour s’attacher à un personnage. Soit, tu es le meilleur, le plus performant, soit tu es le bad guy. Mais qui est le bad guy aujourd’hui ? Oh Pardon ! J’annule tout ce que je viens de dire : ZLATAN, évidemment ! Je n’étais pas assez remonté dans le passé. Zlatan, mille fois, parce qu’il avait ce positionnement à la Chuck Norris croisé avec Jean-Claude Van Damme, totalement génial : « J’arrive au PSG, je ne connais personne, mais tout le monde me connaît » Évidemment !


Sélim Niederhoffer Simon Leon Copywriting sportif

Quel sportif ferait un excellent copywriter ?

Je vais dire Dembélé pour le côté ambidextre et sa capacité à se sortir de toutes les situations, à être créatif, à tenter des lobes incroyables qui finissent par rentrer. Parfois, on ne sait même pas comment il fait, mais il convertit. Et puis, si tu regardes son histoire, sa mise à l’amende à Barcelone. Pourtant, il s’accroche, c’est dur mais il ne lâche pas. Et finalement, il convertit. J’aime bien l’idée de cette trajectoire.


On parlait d’Ibra ! Toi qui maîtrises également parfaitement l’art de la punchline ! Laquelle t’a le plus marqué dans le sport et pourquoi ?

Je pense à des blagues de Bernard Tapie, mais je vais partir ailleurs plutôt. Ce serait forcément du Michael Jordan. Je pense à : « J’ai raté 9 000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi j’ai réussi. »


On partage tous les deux une passion pour Roberto Cialdini. Tu me vois venir… S’il était un joueur de football, lequel serait-il ?

Pour la proximité des noms, Maldini ! Déjà un joueur italien, bien évidemment, et un joueur italien qui a fait une très longue carrière. Donc Maldini, ça marche bien. Ou un Inzaghi, voire un Buffon : des joueurs qui ont continué au très haut niveau très tard. Pourquoi je pense à ça ? Parce que Cialdini sort son bouquin en 1984. Ça ne décolle pas tout de suite : ça commence trois ou quatre ans plus tard dans les best-sellers et il s’y maintient depuis. Et ce n’est qu’en 2019 qu’il ajoute le septième principe, celui d’unité. Je trouve ça très fort de faire une aussi longue carrière. Il est toujours d’actualité, pour toujours.


Quand tu es allé dans les vestiaires du PSG au Parc des Princes, tu t’es assis à la place d’Ousmane Dembelé, pourquoi cette place là et pas une autre ?

Ballon d’or. Je suis à la recherche de l’excellence dans ma vie, dans mes fréquentations, dans mon travail, dans les missions que je réalise pour mes clients, dans l’image que je veux donner. Je veux être ça, le meilleur copywriter, et rien d’autre : le numéro 1.


Sélim Niederhoffer Simon Leon Copywriting sportif

Quelle est la plus grande histoire dans le sport, celle que tu aimerais raconter dans un livre ?

Si je connais cette histoire, ça veut dire qu’elle a déjà été racontée. Donc ça ne m’intéresse pas. Quand tu prends le livre d’un sportif, c’est toujours le voyage du héros : Zlatan et le quartier de Rosengård, et comment il en sort. Les premières réussites, les premières déceptions. Le déclic. Volvo a très bien saisi ça avec leur publicité. J’adorerais bosser avec un sportif et écrire tout un bouquin sur lui, parce que je n’aurais pas créé la structure : elle existe déjà. Elle a déjà été jouée et rejouée, et elle sera encore rejouée des milliers de fois après. Tout se joue que l’histoire en elle-même.


Dans le chapitre 15 du guide du copywriting, tu présentes la « vision idéale ». Quelle serait ta vision idéale du football ?

Ça risque d’être cucul la praline, mais je vais parler de l’exemplarité : être exemplaire en tribune, exemplaire sur le terrain. Parce qu’il y a des enfants dans les tribunes. Moi, je suis là pour la beauté du sport. Je n’ai pas de souci avec les gros transferts, je n’ai pas de souci avec des équipes avantagées financièrement, parce que tout le monde pourrait, un jour, entrer dans la danse et devenir une grosse équipe. Ce qui va vraiment m’énerver, en revanche, c’est la corruption. Ça, ça ne m’amuse pas. Un arbitrage en faveur d’une équipe plus qu’une autre, par exemple. Et bien sûr la violence. Du jeu engagé, pas de souci, mais le racisme, les insultes et la bagarre, non. Je sais qu’on est humains, je comprends bien. On est là pour rêver, pour voir des gladiateurs, je suis d’accord. Mais à la fin, je veux voir les meilleurs joueurs balle aux pieds.


À quoi ressemblera le copywriting sport dans 10 ans ?

Il sera encore plus large, encore plus virtuel avec l’esport, évidemment. Tout va continuer à s’accélérer et les budgets vont continuer à se développer. C’est mon moment Madame Irma : je crois fermement que le Covid et les confinements n’étaient qu’une première fois et que ça va se reproduire avec d’autres virus aéroportés. Et à ce moment-là, l’esport sera roi. Je pense aussi que la partie vidéo va devenir très importante et que le copywriting des années futures, qu’il soit sportif ou non, passera par elle. On racontera de plus en plus de choses par la vidéo, de manière virtuelle. Du coup, il faudra savoir écrire des vidéos.


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Si ta carrière était un match de football, à quelle minute en es-tu aujourd’hui ?

J’espère être juste avant la mi-temps, genre 45+2. J’ai 42 ans, je mange bien, je fais du sport, je touche du bois. Donc j’espère qu’on est à peu près autour de la mi-temps et que la seconde période sera tout aussi chouette.


Dans ce cas, c'est quoi le speech du coach à la mi-temps ? 

On a marqué tellement de beaux buts et on a fait des choses tellement incroyables en première mi-temps que, pendant la deuxième, on va se battre pour tenir le résultat. On ne va pas changer grand-chose, mais on sait qu’on va être de plus en plus fatigués. Donc il va falloir jouer intelligemment, faire tourner le ballon, ne pas se précipiter bêtement. On attaque une partie un peu plus défensive, je pense. Voilà : bien manger, bien dormir… pour durer longtemps.


Enfin, tu es un spécialiste des « titres qui tuent ». Quel titre choisirais-tu pour cette interview ?

Je pense que j’attaquerais avec une vanne : « On ne dirait pas qu’il est sportif. » J’irais sur de l’autodérision, quelque chose de percutant et un peu dérangeant. Sinon, un titre avec une célébrité dedans, ça peut cliquer : on a du Mbappé, du Ronaldo, du Zlatan. Ou alors partir sur l’équipe de France : « Il est prêt à travailler gratuitement pour l’équipe de France alors qu’il dit à tout le monde de ne pas travailler gratuitement ! » Ou encore : « C’est le meilleur, mais il mendie un boulot ! » Il faut trouver des trucs un peu extrêmes comme ça.


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C'était Sélim Niederhoffer par Simon Leon


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